8 mars : rencontre avec 8 femmes CGP à la tête de leur cabinet

La Rédaction

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Emmanuelle Gerino, présidente du cabinet Intersélection Actuariat situé à Bordeaux (33)

  1. Quelles sont vos spécialités en matière de gestion patrimoniale ?

Notre spécificité est d’être entièrement tournée vers une clientèle « personne morale » : institutionnels, entreprises, associations, fondations. Il ne s’agit donc pas d’une vision patrimoniale mais d’un conseil sur tous les placements et marchés financiers. Nous suivons et élaborons des portefeuilles personnalisés. Nous les accompagnons dans leurs stratégies d’investissements, épargne salariale, indemnité de fin de carrière, etc. Notre cabinet compte un peu plus de 5 milliards d’euros sous conseil.

  1. Quel est votre parcours ? Quand et comment vous êtes-vous tournée vers la gestion de patrimoine, et pourquoi ?

Diplômée d’une maîtrise et d’un DESS de Sciences Economiques, ma rencontre avec Daniel Gerino, actuaire, économiste et directeur de salle de marchés,  a été déterminante. Nous avons créé une des toutes premières sociétés de conseil destinée aux institutionnels, en 1996. Comme cela est très souvent le cas, ce sont nos clients qui ont fait évoluer notre « business model » en soulevant le besoin d’un accompagnement sur la globalité de leur portefeuille et pas uniquement sur certains produits dédiés. La large diversité des métiers de la gestion de patrimoine est un des grands atouts de notre profession.

  1. Comment définiriez-vous la relation que vous tissez avec vos clients ? Et comment y parvenez-vous ?

Notre relation est basée sur une forte relation de confiance, gagnée par la technicité de nos équipes, notre grande disponibilité et notre engagement. Persuadés que l’intérêt de notre société est d’abord celui de notre client, nos conseils reposent sur des analyses en transparisation, une bonne connaissance du métier de l’asset management, des produits, des objectifs et contraintes de nos clients. C’est une grande satisfaction pour nous de tisser ces liens dans la durée et de compter des clients « historiques ».

  1. Être une femme CGP : est-ce un atout ?

Il me semble que les femmes ont en général un grand sens de l’écoute et du service client. Elles travaillent avec une vision de long terme et privilégient les relations de confiance. Ce sont des qualités reconnues dans les métiers du conseil. J’ai souvent observé qu’elles préféraient la dignité à la fierté. Elles représentent aussi une certaine sagesse et permettent de créer de bons tandems avec nos amis masculins. Comme cela a été si poétiquement dit et chanté, « la femme est l’avenir de l’homme » ; cela me parait être un très bel hommage et un message d’espoir.

  1. Quels sont les grands enseignements de la crise que nous traversons pour le secteur ?

La crise de la Covid est un accélérateur de toutes les tendances de fond qui étaient en train de se mettre en place et qui sont le produit de la mondialisation : télétravail, télémédecine, e-commerce, robotisation, cybersécurité, préoccupation forte des enjeux climatiques et intérêt vif pour les énergies renouvelables. Nous nous sommes adaptés aux réunions à distance avec nos clients, aux changements de priorités, aux réallocations rapides des portefeuilles pour bénéficier des secteurs porteurs. Cette crise a mis à l’épreuve nos capacités d’adaptation, de management des équipes hors bureau, de la mise en pratique de nos plans de continuité d’activité, des nouveaux modes de communication avec nos clients et nos réseaux. Dans l’ensemble, notre secteur a su montrer une forte résilience et de bonnes performances.

  1. Quels sont les principaux défis que les CGP doivent relever aujourd’hui ?

Les CGP ont déjà su s’adapter à de nombreuses crises financières, à l’univers des taux zéro et de la recherche de rendement, aux exigences de MIF 2 et de sa règlementation. Ils vont devoir anticiper la baisse des commissions qui est une marche inéluctable comme cela s’est déjà vu dans d’autres pays comme au Royaume-Uni, et les nouvelles attentes de nos clients. Ils sauront saisir les opportunités du développement des secteurs et des thématiques de demain, des zones géographiques en croissance, des possibilités offertes par la digitalisation dans leur process de travail. Nous sommes convaincus que les Conseillers auront un rôle à jouer dans un monde toujours plus robotisé où la relation humaine sera celle d’une relation choisie et à valeur ajoutée. La transparence en termes de process de travail, de rémunération et de résultats en seront sans doute la clé.

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