PER Assurance et PER Bancaire : les faux jumeaux à ne pas confondre

Gilles Petit

Sujets relatifs :

, ,
PER Assurance et PER Bancaire : les faux jumeaux à ne pas confondre

© ©guy2men - stock.adobe.com

Dans la famille du nouveau PER, le PER individuel présente la particularité de proposer deux enveloppes possibles pour la souscription. Mieux vaut s’en rappeler avant de tenter l’aventure de l’épargne par capitalisation.

C’est fait ! Un an et quelques mois après son lancement, le PER (Plan d’Epargne Retraite) figure déjà en tête du hit-parade du « meilleur produit d’épargne pour préparer sa retraite » devant l’assurance-vie. La nouvelle est issue d’un sondage réalisé en début d’année par Ipsos pour le Cercle des Epargnants. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle est quasiment passée inaperçue. En partie peut-être parce que ce produit né de la prolifique loi Pacte reste encore méconnu de la plupart des Français. L’enquête Ipsos a en effet révélé que 52% des personnes interrogées ne connaissaient pas ce produit désigné pour être notamment le remplaçant des Perp et contrats Madelin.

Un relais de croissance pour les CGP

En venant simplifier le cadre juridique d’une épargne retraite où coexistaient jusque-là des segments individuel, collectif et salarial aux règles distinctes et contraignantes, le PER semble pourtant disposer d’atouts suffisants pour favoriser enfin le développement d’une épargne retraite par capitalisation digne de ce nom dans notre pays. Un relais de croissance sur lequel les conseillers en gestion de patrimoine ont tout intérêt à surfer. En tant que « médecins généralistes du patrimoine », ils sont les interlocuteurs privilégiés d’épargnants pas toujours très au fait des dernières nouveautés en matière de placements. Parmi les particuliers en effet, combien font la différence entre un PERIn (Plan d’Epargne Retraite Individuelle) et un PERE (Plan d’Epargne Retraite d’Entreprise) ? Quant à ceux qui avouent du bout des lèvres avoir une vague connaissance du PERIn, lequel peut imaginer que deux enveloppes quasi-jumelles coexistent ?

Pour les aider à s’approprier ce nouveau produit d’épargne retraite individuel, voici les deux éléments-clés qui différencient les PERIn, sachant que les détenteurs de contrats d’assurance-vie ou de contrats retraite ancienne version ont jusqu’au 1er janvier 2023 pour transférer leur épargne tout en bénéficiant d’un avantage fiscal.

Deux visions de la sécurité

S’il est davantage distribué sous la forme d’un PER assurance, le PERIn existe aussi sous une forme bancaire. Ces produits étant destinés à procurer un revenu supplémentaire une fois l’heure de la retraite sonnée, mieux vaut donc ne pas confondre ces deux enveloppes. D’autant que le mode de gestion par défaut du PER est celui d’une gestion à horizon où la prise de risque décroît au fur et à mesure que la date de la retraite approche.

Dans les faits, le PER assurance fonctionne de la même façon qu’un contrat d’assurance-vie. Au sein de sa gestion à horizon, l’épargnant peut ainsi avoir accès à un fonds en euros, ce placement qui garantit le capital. A contrario, son homologue bancaire ne peut proposer que des Sicav et FCP obligataires et monétaires comme gages de sécurisation du capital.

Dans chacun des deux cas par contre, les épargnants auront accès à une palette d’unités de compte qui leur permettra de voir leurs investissements panachés en fonction de leur profil de risque.

Deux visions de la succession

Tout comme son homologue le contrat d’assurance-vie, le PER assurance impose de désigner un ou plusieurs bénéficiaires au moment de sa souscription. De la même façon, en cas de succession, les sommes placées sur le PER suivront les règles fiscales avantageuses de l’assurance-vie.

Ce que ne permet pas le PER bancaire. Puisque celui-ci fonctionne comme un compte-titres, autant abandonner tout espoir d’un éventuel avantage fiscal. En cas de décès de son souscripteur, ce produit de retraite individuelle entre directement dans la succession. Sur ce dernier point, on notera tout de même que suivant le moment où se produit la disparition (durant la phase d’épargne ou après liquidation du PER), la règle fiscale prévoit une exonération pour le conjoint survivant ou partenaire de Pacs.


Nous vous recommandons

L’intermédiaire immobilier peut-il réclamer sa rémunération si la transaction ne se fait pas ?

Tribune

L’intermédiaire immobilier peut-il réclamer sa rémunération si la transaction ne se fait pas ?

Rétractation des acquéreurs, changement d’avis des vendeurs, condition suspensive d’obtention de prêt non remplie, non levée de l’option par les signataires d’une promesse unilatérale… le parcours de l’intermédiaire en...

25/03/2021 | Analyses
Placement : que pensez-vous des SOFICA ?

Débat

Placement : que pensez-vous des SOFICA ?

Investissement responsable : les CGP plus enclins à le proposer à leurs clients

Investissement responsable : les CGP plus enclins à le proposer à leurs clients

Climat : rapport de l’ACPR et l’AMF sur les engagements des acteurs financiers

Climat : rapport de l’ACPR et l’AMF sur les engagements des acteurs financiers