Interview

« La gestion patrimoniale est en pleine voie de transformation digitale »

« La gestion patrimoniale est en pleine voie de transformation digitale »

Entretien avec Vincent Lapadu-Hargues, responsable de l'accompagnement de la gestion d’actifs et des projets R&D au sein de Finance Innovation.

Pouvez-vous nous faire un bilan chiffré de l’action de Finance Innovation en gestion d’actifs? 
Depuis sa création, Finance Innovation a accompagné dans leur croissance près de 150 projets de Fintechs adressant l’industrie de la gestion d’actifs. Au fil des ans, notre offre de service s’est étoffée : nous facilitons l’accès aux financements BPI pour les projets labellisés, et accompagnons les levées de fonds en mettant les Fintechs en relation avec près de 800 investisseurs. Ceci sans oublier bien sûr, notre rôle fondamental consistant à faire connaître nos membres au sein de notre écosystème et auprès de nos partenaires. Depuis 2007, près de 85 millions € ont ainsi été levés par nos membres.
Comparé aux secteurs assurantiel et bancaire, où se situe la gestion de patrimoine dans le processus de transformation digitale, et quel chemin reste-t-il à parcourir ?  
Si les silos de la banque et de l’assurance, tant vie que non-vie, sont profondément et depuis longtemps fortement marqués par la digitalisation, la gestion patrimoniale, par son modèle très transversal,  est encore en pleine voie de transformation. En effet, elle couvre l’ensemble des éléments financiers du client, de ses encours en banque à ses supports d’assurance vie en passant par son patrimoine personnel, professionnel, le foncier ou encore la problématique de protection/transmission… et la transformation digitale n’a pas encore investi l’ensemble des segments d’activités.  Au vu de l’évolution des cadres réglementaires et fiscaux et afin de mener à bien sa mission de conseil, le CGP, s’il veut mener à bien ses différentes missions auprès de ses clients, doit faire face à une quantité et une diversité d’informations et de contraintes que seuls des outils digitaux peuvent lui restituer de façon synthétique et dynamique.
Quels sont les leviers offerts par les Fintechs pour les professionnels de la gestion de patrimoine ? 
Les Fintechs adressent des problématiques très diversifiées : digitalisation du processus d’enrôlement client, assistance à la réalisation du bilan patrimonial, proposition d’allocation et diversification de ses actifs, suivi et documentation des actes. Elles tendent donc à accompagner l’ensemble des besoins de la gestion de patrimoine. Les leviers dont elles disposent par rapport à des acteurs historiques de l’édition logicielle sont liés à la rapidité de mise en place de leurs solutions. Ceci permet au CGP de tester rapidement des solutions novatrices afin d’offrir de nouveaux supports d’investissements aux clients, ou bien d’automatiser certaines tâches de middle ou back office… Un autre point positif est aussi lié au fait que les modèles de tarification de ces acteurs émergents sont plus en phase avec les budgets de cabinets de petite et moyenne taille.
En gestion d’actifs, les Fintechs s’adressent aussi bien aux CGP qu’aux clients finaux. Que répondre aux professionnels qui craignent que ces start’ups entrent directement en concurrence avec eux ? 
Les Fintechs bâtissent leurs offres sur des besoins identifiés avec pour objectif d’y répondre de façon viable. Il est donc extrêmement difficile pour elles de venir se substituer aux professionnels tant en termes d’offres que de statuts réglementaires. La crainte soulevée vient du fait de voir les FinTechs comme une méta-entité, là où la plupart d’entre elles proposent des solutions qui vont venir renforcer des offres ou optimiser des processus métiers dont les cabinets gardent la maîtrise.
Quel est dans le secteur le type de projets que vous privilégiez ? Avez-vous un exemple concret que vous soutenez actuellement ? 
Le Pôle Finance Innovation, à travers le processus de labellisation, sélectionne et soutient les projets qui présentent les caractéristiques suivantes : innovant, crédible et stratégique pour l’industrie financière française et le développement de l’emploi sur notre territoire. A ce titre, nous privilégions les projets permettant de répondre à des besoins métiers et/ou innovations technologiques, scientifiques ou d’usages visant à rendre l’industrie financière française plus compétitive. En termes de développement, nous privilégions les projets aux offres modulaires permettant de répondre aux besoins de qualification des clients finaux, et les projets d’optimisation de l’offre d’investissement. En termes d’exemples de projets que nous soutenons, la meilleure façon de les découvrir sera de se rendre à Patrimonia au « Village Innovation CGP », auquel  nous convions nos membres à participer.

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