Cryptomonnaies : comment conseiller vos clients ?

Manuelle Tilly

Sujets relatifs :

, ,
Cryptomonnaies : comment conseiller vos clients ?

crédit photo : André François McKenzie, Unsplash

Attirés par les rendements attractifs mais risqués que peuvent générer le bitcoin et autres cryptomonnaies, les investisseurs particuliers, mais aussi institutionnels et entreprises, s’y intéressent de plus en plus. Il va de votre devoir de conseiller en gestion de patrimoine de les éclairer et répondre à leurs questions. Eléments de réponse.

Le travail de pédagogie du CGP est réel et il se doit donc de pouvoir répondre à ses clients émettant le souhait d’investir dans les cryptomonnaies. Cependant, l’acquisition de crypto-actifs ne peut se faire qu’en direct, le CGP n’ayant pas la capacité d’intermédiation. Rappelons également qu’à l’heure actuelle, les cryptomonnaies ne se logent dans aucune enveloppe ni produit d’épargne. Le conseil sur ce type de placements ne peut donc être rémunéré qu’en honoraires.

« Le CGP doit bien faire prendre conscience à ses clients qu’il s’agit d’un produit très risqué, avec une forte volatilité », estime Guillaume-Olivier Doré, fondateur d’Elwin. « Les crytomonnaies étant peu liquides, la conversion n’est pas facile. On peut perdre autant que l’on peut gagner car la concentration des détentions est très forte. Les mouvements de hausse et de baisse dépendent donc des mouvements de ces détenteurs. »

Ce type d’actifs convient donc à des clients éduqués sur le sujet. « Je conseille aux CGP de ne pas prendre la responsabilité de ce conseil et de faire signer un disclaimer à leur client prouvant que ce dernier a décidé seul d’investir dans les cryptomonnaies », ajoute Guillaume-Olivier Doré. « Sur les 10% du patrimoine financier allant vers de la diversification et des placements plus risqués, je conseillerais au client d’investir un maximum de 5% dans ce type d’actifs. »

Certaines plateformes proposent de devenir apporteur d’affaires

Vers quelles plateformes se tourner ? Elles sont de plus en plus nombreuses mais peu s’adressent aujourd’hui aux professionnels du patrimoine comme apporteurs d’affaires. C’est le cas de Coin House : « Nous avons développé une offre dédiée aux CGP depuis notre enregistrement AMF en mars 2020 en tant que prestataire de services en actifs numériques, ce qui nous permet de nous adresser aux acteurs de la finance traditionnelle », explique Valentin Hautefeuille, responsable grands comptes. « Les contrats d’apporteurs d’affaires se négocient au cas par cas. Nous pouvons par exemple proposer un partage de la commission brute générée par le client qui peuvent également bénéficier d’une baisse de commission ». Aujourd’hui, CoinHouse est en lien avec une cinquantaine de CGP dont les clients investissent avec un ticket d’entrée minimum de 50 000€. « Les cryptomonnaies sont un actif risqué qui permet une diversification de portefeuille sur un horizon de placement de 12 à 18 mois. Nous avons une équipe de trois personnes dédiées en capacité de conseiller les clients, de leur apporter du contenu pédagogique, de les orienter s’ils émettent le souhait d’une réallocation », ajoute-t-il.

Attirés par l’effet de mode autour des cryptomonnaies, les arnaques se sont elles aussi multipliées. En cas de doute sur un interlocuteur, il ne faut pas hésiter à consulter la liste des acteurs proposant d’investir sur le marché des dérivés sur crypto-actifs récemment publiée par l’AMF et l’ACPR.


Nous vous recommandons

Comprendre Twitter en 6 questions

Comprendre Twitter en 6 questions

Réseau social créé en 2006 aux Etats-Unis, Twitter rassemble aujourd’hui 310 millions d’utilisateurs qui se connectent au moins une fois par mois. Si vous n’en faites pas parti, voici 6 questions-réponses pour mieux connaître...

23/06/2021 | DigitalCGP
MIA et Clause de non-concurrence :  le mandat fait foi

Tribune

MIA et Clause de non-concurrence : le mandat fait foi

Relation client : osez la gentillesse !

Tribune

Relation client : osez la gentillesse !

Emails patrimoniaux : comment gagner en lisibilité

Emails patrimoniaux : comment gagner en lisibilité